Prêt Garanti par l’État : comment mesurer son impact sur mon activité?

Pour ce nouveau sujet, Hodéfi invite Maurice Merlin, cofondateur de Kanopy qui nous livre son analyse de l’impact du Prêt Garanti par l’État sur les entreprises et quelques bons conseils pour bien suivre son activité après l’obtention d’un PGE.

Le nécessaire maintien de la trésorerie face à la crise

Le financement est un carburant essentiel de la résilience des entreprises pour préserver et renforcer leur capacité à faire face, tenir, et se sortir vivantes de ce violent trou d’air. Dans ce contexte, la sauvegarde de la trésorerie a logiquement primé sur le reste.

Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes (DGCCRF), ainsi que plusieurs organisations patronales, le montant des factures impayées a triplé lors de la fin du mois de mars 2020.

Le PGE (Prêt Garanti par l’Etat) a été une véritable bouffée d’oxygène pour beaucoup d’entreprises : au 30 avril, plus de 400 000 entreprises avaient sollicité un PGE, pour environ 48 milliards de prêts accordés (90% à destination des PME avec un montant moyen : 150 à 190 000€, et 10% à destination des TPE avec un montant moyen de 90 000€). (Source : Public Sénat)

Des conséquences sur les équilibres financiers de l’entreprise

Le PGE, bien que garanti par Bpifrance, reste de l’endettement qu’il conviendra de rembourser à 12 mois ou via un tableau d’amortissement sur plusieurs années.

Certaines entreprises ont sollicité le PGE sans analyser finement les conséquences potentielles sur les équilibres financiers :

  • Surendettement;
  • Capacité de remboursement obérée;
  • Déséquilibre de l’autonomie financière (Dette / Capitaux propres).

Au sortir progressif de cette crise, les dirigeants souhaitent se concentrer sur une nouvelle dynamique de croissance. Il ne faut cependant pas oublier que concrétiser de nouveaux objectifs de développement ne peut s’assumer que par de nouvelles ressources financières… Ce qu’une situation de surendettement peut fortement limiter.

Une solution : suivre l’activité via le tableau de bord

En temps normal, les entreprises performantes sont celles pour lesquelles les dirigeants ont un tableau de bord et une vision du compte de résultat et de trésorerie de leur activité.

Pourquoi en serait-il autrement dans un contexte de crise ?

La majeure partie des dirigeants auront prochainement besoin de connaître le ROI de chaque action et effort déployé dans leur activité. Celle-ci va éprouver un besoin croissant de rationalisation et d’optimisation qui nécessite de revenir à une gestion ordonnée.

Plutôt que de tâtonner, il faut un outil de gestion efficace qui aide à connaître rapidement l’impact de chaque décision pour éviter de perdre du temps ou de l’argent.

Photo by Lukas Blazek on Unsplash

Les principaux indicateurs de performance à suivre

Peu importe la forme de votre tableau de bord, ce qui prime est la qualité et la pertinence des indicateurs, mais aussi les actions que vous mènerez, suite à son analyse.

Nous vous proposons quelques indicateurs essentiels (non exhaustifs), qui sont à adapter en fonction de votre activité et de votre modèle économique.

Les indicateurs d’exploitation de votre activité

Ils sont à suivre quotidiennement parce que le cash est le nerf de la guerre !

  • Vos créances clients (montants, clients, répartition par client, échéances à venir, échues);
  • Votre niveau de trésorerie;
  • Le nombre de mois de trésorerie que vous possédez avant de tomber dans le négatif (idéalement 6 à 9 mois selon les activités). Cela revient aussi à déterminer le cash burn;
  • L’effort de productivité de vos équipes (CA / personne).

Le cash doit d’abord venir de vos clients qui vous le doivent et qui vous ont peut-être oublié durant l’épidémie.

Les indicateurs de structure financière de l’entreprise

Ils sont à suivre 2 à 4 fois par an parce qu’ils sont fondamentaux dès lors que vous souhaitez financer votre entreprise et votre croissance.

  • Votre autonomie financière : Dette/Capitaux Propres. Il doit être le plus petit possible, signifiant que l’entreprise est majoritairement financée par des capitaux propres ;
  • Votre capacité de remboursement de vos dettes : endettement net / CAF. Idéalement, il doit être supérieur à 3.

Ce sont notamment 2 indicateurs cruciaux qui vont indiquer la manière de refinancer la croissance de votre entreprise.

Si vous avez sollicité un PGE, il est important de vérifier votre niveau d’endettement avant d’envisager un nouvel emprunt. Peut-être devrez-vous augmenter vos capitaux propres au préalable.

Les indicateurs commerciaux

La périodicité de ces indicateurs peut être hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle.

  • L’état de votre pipe commercial : nombre de leads, nombre de contrats, CA visible, CA engagé, panier moyen… ;
  • L’Ebitda à travers de votre compte d’exploitation pour mesurer le poids que représente l’exploitation de votre activité sur le résultat comptable.

L’essentiel, c’est que le tableau de bord puisse vous amener à déceler des leviers d’amélioration au sein de votre entreprise et qu’il puisse guider vos prises de décisions stratégiques!

Hodéfi, le partenaire d’amorçage des startups en Hauts-de-France.

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